épisoïdal

Jeudi 18 décembre 2008
Par oozma
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Mercredi 9 juillet 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

un poème à l'arrache, écrit pour t'arracher

à ma léthargie calme de jeune vieillarde

un prototype en vers et rimes mirliton

une approche effacée et humble, et inutile

par ce que l'univers qui gravite à ton cœur

broie furieusement les matrices stériles,

disciples erronés, ou Marie-Madeleines

honteuses à pleins cheveux de l'amour maternant

qu'elles ont prodigués aux hommes morts de froid

ou de faim - peu importe s'ils feignaient de l'être -

étonnées de ne pas s'offrir en repentance

pas le moins concernées de la rédemption

qu'à titre gracieux le Seigneur leur présente

 

à titre inaugural l’anathème est levé

à titre de Seigneur tu veux m'offrir le monde

et je souffle tout bas « non, j'ai déjà donné »

espérant que jamais, jamais tu ne l'entendes



Par £akma de Kermal
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Dimanche 6 juillet 2008


Des bobards entortillés

comme des ronds de fumée

forment deux cœurs enlacés

qui s’envolent dans l’espace

de ta chambre tapissée

de paillettes de poussière

lentement se désagrègent

dessinant un sortilège …

 

N’aies pas peur d’en dire encore

dans le creux de mon oreille

lorsque tu croies que je dors

je n’ai même pas sommeil

j’attends que ta voix revienne

réciter d’autres légendes

à mon cœur qui en demande

à mes mains qui s’en souviennent

voies comme elles se libèrent

vivement l’une de l’autre

pour esquisser dans les airs

des mondes de plénitude

où rien n’est fixé vraiment

là où c’est leur solitude

qui rapproche les amants

où des champs de mansuétude

plus vastes que les déserts

sont dès la première larme

des jungles de fleurs géantes

aux pétales haut dressés

sur des colonnes de sève

puisée aux sources divines

de ta voix intemporelle

qui raconte d’autres mondes

où je t’attendais déjà.

 

tu continues à marcher

herculéen, débonnaire,

comme le juif millénaire

aux écailles de diamant

à l’époque où même Dieu

couvait en rêve de Mère

Par £akma de Kermal
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Dimanche 6 juillet 2008

 

Tu m’inspirais tous ces poèmes

que je n’aurais jamais tirés

ni de mon cœur ni du hasard

ni du pays de nulle part

puisque je revenais à toi

pour m’enivrer de ton odeur

de noyé dans son ammoniaque

surenchérissant de senteurs

d’orange verte et d’ambre grise

 

tu es mort sans te retourner

me laissant libérée d’aimer

au poids de ce fardeau énorme

de t’avoir vu vivre un instant

tout généreux en amitié

tout magnifique en dénuement

avec la gouaille d’un mendiant

déchu de sa race divine

comptant les anges à son plafond

dans son nid d’aigle sans aiglon

dans son campement de gitan

avec des poses de gisant

accroché à son auréole

en rond de fumée de gitane

 

de solitudes en cendrillons

accueillies chacune en princesse

… passent les jours et les gonzesses …

solitudes en mal de plaisir

cendrillons écartant leurs lèvres

réclamant pour dernier opium

pour se révéler d’avantages

tes doigts brunis de nicotine

ta bouche de mangeur de tripes

ta langue de broyeur de rêves

ton sexe désintéressé

et ton amour de vive voix

 

mordant à la perfection ronde

de tes seins enflés d’amertume

que tu m’offrais, comme une mère

donne à téter à son enfant,

je t’aimais sans penser à rien

ton ventre plein chauffant mes reins

confondant gésir et désir

empoignant la mort confondue

à ton étonnante caresse

la lune meurt en mal d’aurore

et je crois que tu bouges encore

entre mes entrailles écorchées

le présent a déjà passé

Par oozmama
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Dimanche 6 juillet 2008


si j’avais eu ton bras autour de mes épaules

si tu m’avais offert ta présence aujourd’hui

si j’avais pu flairer l’odeur de ton manteau

entortiller ma main dans tes écharpes douces

si j’avais pu enfouir mon enfance à jamais

entre les pulsations de ton cœur aérien

quand l’encens âcre-doux s’épandait sous la voûte

quand l’orgue bourdonnait l’alleluia des anges

alors en ce seul jour étaient scellées nos âmes

alors l’éternité devenait notre Mère

on ne s’épouse bien qu’aux messes funérailles

où l’on voit la douleur sanctifiée et paisible

nouer d’un lien d’amour deux êtres qui se cherchent

avant qu’ils ne se perdent encore, ou pour toujours

 

je te donnais pouvoir de broyer l’amertume

brute et séchée en blocs de compacte indigence

pour en extraire à flots le breuvage divin

cet élixir qui mue les putains en princesses

les champs de solitude en champs de liberté

qui sacre l’étranger enfant de la patrie

étire la patrie jusqu’aux confins du monde

déploie le monde aussi, par delà l’infini

et me transforme en fée à rester dans ta poche,

le paradis secret où je vis contre toi

au doux balancement des secondes/lumières

égrenées de ton rêve et dansant dans le vent

 

et tu n’as pas permis noces de cette sorte

j’étais le parent pauvre parmi cette foule

je voyais que ma peau avait fané très vite

faute d’en avoir pris soin avec des onguents

faute d’avoir dormi dans des lits confortables

pour avoir sacrifié au culte de l’alcool

et surtout pour avoir écarquillés mes yeux

jour et nuit, sans repos, sur les beautés du monde

et pour avoir pleuré de terreur et de haine

impuissante à offrir ce que je n’avais pas

à mes enfants fixant sur moi leurs yeux avides

où je lisais “Maman, la vie ça sert à quoi ?”

et je ne savais pas répondre, ni sourire

j’aurais pu leur parler de ces gens au sang bleu

bien nourris, reposés aux soleils des montagnes

mais je me soupçonnais d’être mythomaniaque

alors j’ai oublié, et n’ai parlé de rien

j’attendais que tu viennes en parler à ma place

 

par le manque de toi le ciel s’est refermé

c’est juste un aujourd’hui d’il y a très longtemps  

j’ai cru en ta magie du retour dans le temps

(tant ton être, le fils bien-aimé des comètes,

semble faire le tour du ciel en une nuit)

 

et je sais maintenant que j’ai rêvé pour rien

quand hier je pleurais déjà pour cet autre homme

mon appel au secours l’avait rendu méchant

il n’a pas mis son nom au bas du parchemin

je te le tends, tu y dessines une princesse

courtisée par des rois effondrés de vieillesse

ressassant en pensée leurs guerres glorieuses

tandis que je me meurs au pied de leurs murailles

 

A Messire Ce Joug ne me Dit Rien qui Vaille :

plus de larmes à verser, pas de tombe à fleurir

un rêve n’est jamais qu’un cheval qui s’envole

et lorsque il est au loin on le voit tout petit

comme un canard qui a perdu son bataillon

on le crible de plomb, alors il se dégonfle

et retombe à mes pieds en baudruche incolore

parasite accompli non–biodégradable

 

aux marches du palais le bourreau va nu pied

le chien toise le roi, le chat nargue l’évêque,
des enfants sont figés à un-deux-trois soleil

 

et pendant ce temps là tu gravites en silence

sur le ciel, un géant fait des ombres chinoises 

 

Pour Elie       Saint-Cloud  27 mai 2004

Par £akma
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Lundi 9 juin 2008

on me dit mignonne et charmante, je suis anorexique, j'ai cinquante ans.
Je vous souhaite bonne lecture de ce texte qui j'espère saura capter votre intéressiation à mes ouvrages

vif du sujet 

 ... une coupe de Champagne du Noël dernier,
bien sage dans son compartiment blindé,
et que je bus avec ferveur comme s'il s'agissait de vin de messe.

Le souvenir de toi ne me quittait pas.… 
 alors tu m'as donné mes lettres de vieillesse 
tu m'avais arraché ma défroque de vent
et je gisais sans fond au fond de ma détresse
mon âme était le lot d'une vente aux enchères
ne pesant pas plus lourd qu'une plume taillée
crissant docilement au rythme des dictées
que ta voix et mes mains continuaient d'écrire
pour tâcher de noyer sous des fleuves de mots
la vieille lâcheté ancestrale et prégnante
je larde de traits noirs la toile où l'on peut lire
le pacte que tu as conclu avec le Diable 
validé feu sur sang d'un trait indélébile 
et vos deux signatures, ainsi que des serpents 
s'immobilisent en l'air après la danse vive 
de leur langue fourchue, vont s'entredévorer
je lardais de coups noirs ma défaite à tes pieds 
comme de coups d'épée trouant le noir du ciel 
jusqu'à voir révélé un enfer tout en flammes 
où je partais sans toi, aspirée par le vide 
et tu ne portais plus sur moi un regard tendre,
 ému ou amusé, comme j'avais cru voir,
alors je t'ai rendu tes lettres de noblesse
surannées et moisies, humides de chagrin,
tes dentelles de clown et ton coeur en trompette
serrant les dents de peur qu'une autre ne s'empare 
des marottes vernies que j'ai aimé tenir 
et n'oublie le respect qu'on doit à ces reliques
!serrant contre mon sein mon enfant saltimbanque
chantonnant pour tromper le salut de l'absence : 
"je te verrai, pendard ! vilain !, sur tes tréteaux 
aussi loin que tu soies j'enverrai sur ta tête
des anges messagers de toute ma tendresse 
et s'ils sont malvenus il faudrait le leur dire :
ne fais pas voyager mes angelots pour rien
Ils iront visiter quelques autres enfants
que je veux rassurer aussi de ma confiance
et qui sont loin de moi puisque j'étais trop vieille
pour faire compagnie jusqu'au petit matin“ 
 

lettres obscures ” par Lakma de Kermal - 28 décembre 2003

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Par Oozma
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