sphérique

Mercredi 9 juillet 2008

  

 j'ai si grand désir d'être à vous

que je façonne des poèmes

à vous convaincre de m'aimer ...

 

  

  

 

sans vous ma vie est sans objet

le temps ne passe que de loin

l’ herbe croît entre les pavés

et la nuit tombe avant l’aurore

 

je vois des chevaux au labour

aussi petits que des santons

sur des prairies en miniature

je vois les brigands au festin

les voyageurs dépossédés

de leurs vitales victuailles

de leurs pièces d’argent massif

 

je vois la forêt qui avance

je vois le cerf changé en Christ

sur les terres de Saint-Julien

je vois la mer danser, là-bas

au-delà du périphérique

 

des messagers fendent la nuit

quand l’orage bat les fougères

martelés de pluie jusqu'aux os

aux martèlements des sabots

de leur mutation sagittaire

 

 

 

une langueur, comme un opium,

ourle et brode mon quotidien

l’inaccessible  lendemain

s’effondre quand je crois l’atteindre

 

fantôme engendré de la nuit

cauchemar aux bottes de plomb

sorcier en cape d’eau croupie

obligatoire puanteur

courtisan des marais stagnants

fiancée des sables mouvants

un hôte étrange et inquiétant

qui me déclare “indésirable” …

 

et je continue de t’attendre

dans les limbes du lendemain

transie sur le chemin de ronde

comptant les moutons à rebours

et terrassée par le sommeil

 

j’ai mouru sans voir l’ennemi

et sans souffrir mon agonie

Tout est bien qui est bien fini

 

 

 

 

 

Par £akma de Kermal
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Lundi 7 juillet 2008



 

extraire mon enfant mort-né dans la gangrène

expulser le magma de l’organe liquide

t’absorber tout entier dans ce chantier sanglant

pour te rendre la vie et célébrer ton sacre

Par £akma
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Lundi 7 juillet 2008

 

j'ai trouvé maintenant la mort définitive

pour t'avoir rencontré et perdu aussitôt

j'ai plongé dans ta tête et goûté ta salive

pour l'oubli des déserts des marées de morte-eau

tu insufflais la vie aux âmes maladives

qui s'ouvraient sans mystère aux parfums de ta peau

une errance de plus au millier de dérives

qui sont passées, avant le retour au tombeau,

par ta grâce diffuse, à ta façon hâtive

de désarmer la mort de son drap et sa faux

et de placer les filles au gré qu 'elles arrivent

la vierge à la quenouille, et la belle au fuseau.

le sang perle rosé sur les blanches chairs vives

le rémouleur céleste affûte ses couteaux

apprête les quartiers dodus pour tes convives

à servir ta bannière il n 'est point de repos.

j'ai su gémir pour toi les plaintes convulsives

le souvenir de toi se délite en échos

et l'alchimie de nos corps, en vapeurs nocives,

s'exhale à l'infini dans l'enfer des héros

passent les millénaires... à tes élues captives

tu tends des chocolats à travers les barreaux

Par £akma de Kermal
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Dimanche 6 juillet 2008


le jour tiède amoureux du désert immobile

et la végétation brûlée, hallucinante

la nuit molle et humide sous la moustiquaire,

les rêves et cauchemars confondus d’amour flou

et peut être le bruit des vagues d’eau salée

clapotis imbécile ou tonnerre effroyable

qui ressasse(nt) toujours la même mélodie :

ton ami qui t’aimait se meurt sous la poussière

et ton corps libéré de l’inconfort frileux

épanoui dans l’air doux des contrées exotiques

divorcé de son âme où tu t’étais lové

pour voir l’enfantement de ton moi symphonique

broyant l’universelle malédiction …

 

ô cher enfant meurtri, de ta sève endiguée

naissent les vérités et l’évidence crue

évidant les cancers de nos chairs rouges et nues

tu tiens à bout de bras les anges, les mort-nés

opposant ton sourire éternellement doux

aux railleries des faibles, des idiots et des fous

 

£akma de Kermal

Par £akma
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